L’huile de coco sur le visage est-elle risquée ?

Je ne mets pas d’huile de coco dans ma crème visage.

Parce que sur les peaux pour lesquelles je formule, elle crée plus de problèmes qu’elle n’en règle.

Alors, oui, sur une peau grasse, mixte, ou qui laisse des taches au moindre bouton, elle est risquée. Si ta peau est noire ou métissée, le risque est encore plus conséquent.

Par contre sur une peau sèche, non. Elle fait très bien le travail.

Son indice de comédogénicité de 4 / 5 circule partout. Ce chiffre vient d’un test mené sur des oreilles de lapin, avec l’huile pure. Il ne dit pas grand-chose de ce qui se passe sur ton visage.

On va voir ce que l’huile de coco pour la peau apporte vraiment, sur quelle peau elle tient ses promesses, ce que ce 4 sur 5 mesure vraiment, ce qui change quand ta peau est foncée, et pourquoi le beurre de coco est différent de l’huile.

Sur quelle peau l’huile de coco tient ses promesses ?

Sur une peau sèche.

L’huile de coco dépose un film qui ralentit l’évaporation de l’eau. Notre peau tiraille moins, le grain s’assouplit, et ça se voit vite.

C’est ce qui explique les avant-après enthousiastes qui parlent de glow-up.

Mais attention, l’huile de coco n’hydrate pas. Elle retient juste l’eau qui est censée être déjà là. Sur une peau à la fois déshydratée et grasse (grand classique), elle ne règle donc rien, et elle ajoute une couche de gras dont la peau n’avait pas besoin.

Le tri tient dans ce tableau :

Type de peauHuile de coco adaptée ?Note
Peau sèche, qui tiraille, qui pèle l’hiverOui 
Peau normaleOuiSur les zones sèches uniquement.
Peau grasse ou mixteNonIl vaut mieux éviter de l’appliquer pure sur le visage.
Peau qui fait des imperfectionsNonJe t’explique pourquoi juste après.

 
Tout dépend donc de ce que ta peau fabrique déjà. Si elle manque de gras, l’huile de coco comble. Mais si elle en produit déjà assez, le tout s’empile.

L’huile de coco bouche-t-elle les pores ?

Sur une peau qui produit déjà beaucoup de sébum, oui, ça arrive. Mais ça ne veut pas dire qu’il faut fuir tous les produits où c’est marqué huile de coco.

Le mécanisme de base est assez connu. L’huile de coco ne rentre pas dans la peau, elle reste en surface. Si tes pores fabriquent du sébum en dessous, tu poses une couche grasse par-dessus une matière grasse qui cherche à sortir.

Le sébum met plus longtemps à évacuer et finit par s’accumuler (bonjour les imperfections).

Inversement, sur une peau sèche, il n’y a aucun surplus de gras en dessous. Le problème ne se pose donc pas. La faute ne vient souvent pas de l’huile en elle-même, mais d’autres variables contextuelles comme le type de peau qui la reçoit.

Peut-on se fier à l’indice « 4 sur 5 » ?

Tous les acteurs du secteur en parlent : l’huile de coco comédogène serait notée 4 sur 5 sur l’échelle de comédogénicité.

Et selon la source que tu consultes, tu ne trouveras pas toujours le même chiffre, ce qui devrait déjà mettre la puce à l’oreille.

Cette échelle vient de travaux des années 80. La référence la plus citée est une étude publiée en 1984 dans le Journal of the American Academy of Dermatology. Les ingrédients y étaient appliqués purs, à 100 %, sur des oreilles de lapin. On comptait ensuite les comédons.

En 2006, deux dermatologues ont repris la méthode dans la même revue pour en pointer les limites : l’oreille de lapin réagit beaucoup plus fort que la peau humaine.

De plus, l’ingrédient est testé pur. Rien ne dit ce qu’il devient dilué dans une formule cosmétique. Concrètement, les conditions de ces tests ressemblent beaucoup à de l’huile de coco pure étalée sur ton visage.

C’est une autre histoire si la même huile passe en 6e position d’une liste INCI, noyée dans de l’eau et des poudres qui absorbent le gras.

C’est pour ça que je ne fonctionne pas avec ces indices de comédogénicité. Je regarde la dose et la place de l’actif dans la liste INCI.

Un indice te dit qu’un ingrédient peut poser problème, mais il ne prend pas en compte l’environnement de formulation ou le contexte d’utilisation de cet ingrédient.

Attention, sur une peau noire, les boutons marquent !

Voilà la conséquence en plus dont je te parlais un peu plus haut. L’huile de coco peut boucher les pores d’une peau grasse et former des imperfections.

Si cette peau est en plus riche en mélanine, l’inflammation causée ne repart pas comme elle est arrivée. Elle laisse une marque plus foncée à l’endroit exact où le bouton se trouvait.

Ça s’appelle l’hyperpigmentation post-inflammatoire, et une revue publiée dans les Annales de dermatologie est nette là-dessus : elle concerne toutes les peaux, mais elle est plus fréquente sur les phototypes élevés.

Le même texte précise que la machinerie se met en route dès la première semaine. Autrement dit, pendant que tu attends que le bouton passe, la tache, elle,a déjà commencé à s’installer !

Alors, oui, aucune étude n’a suivi des femmes qui mettent de l’huile de coco sur le visage pour compter leurs taches. Ce que je fais, c’est juste mettre bout à bout deux choses établies.

Un corps gras occlusif peut favoriser les imperfections sur une peau qui produit du sébum, et une imperfection sur une carnation foncée laisse une trace.

Mais je préfère être prudente, c’est pourquoi ma crème visage ne contient pas d’huile de coco.

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Pas d’huile de coco dedans, et tu sais maintenant pourquoi. Elle pénètre sans laisser de film, et ce sont des poudres qui absorbent la brillance, pas un corps gras.

L'huile de coco éclaircit-elle la peau, ou la noircit-elle ?

On lit partout que l’huile de coco éclaircit la peau, et ailleurs qu’elle la noircit. Aucun des deux : l’huile de coco ne change pas ta carnation. Les deux croyances circulent, mais voici comment je l’explique.

L’impression d’éclaircissement vient du fait qu’une peau bien hydratée renvoie mieux la lumière. Le grain est plus lisse, le teint paraît plus net, plus uniforme. C’est plus de l’éclat qu’un éclaircissement.

Il n’y a rien dans l’huile de coco qui agisse sur la fabrication de mélanine.

Quant à l’impression que la peau noircit, je pense aux marques qu’on a vues plus haut et qui s’installent sur la peau. C’est possiblement l’inflammation déclenchée qui est en cause.

Le soleil peut aussi en être à l’origine. Une huile posée sur la peau n’est pas une protection solaire, même si elle en donne la sensation. Si tu t’exposes avec, tu n’as aucune protection.

Et sur une peau riche en mélanine, une exposition de plus sur une tache déjà là, c’est une marque qui reste longtemps.

Si tu cherches à t’éclaircir la peau, l’huile de coco ne t’aidera pas. Et ce n’est pas ce que je formule non plus.

Ce que l’huile de coco peut changer, c’est l’aspect de ta peau : plus souple, lisse, qui accroche mieux la lumière.

Beurre de coco ou huile de coco, quelle différence pour la peau ?

Le plus souvent, aucune. C’est le même corps gras, et c’est juste la température qui décide du nom.

L’huile de coco se fige en dessous de 24 à 25 degrés, et redevient liquide au-dessus. Le pot dur acheté en janvier et le flacon transparent de juillet peuvent sortir du même bidon.

Si ton pot change d’état d’une saison à l’autre, je te rassure, il n’a pas tourné.

Cela dit, le vrai beurre de coco existe, mais c’est tout autre chose. On l’obtient en broyant la pulpe entière au lieu d’en extraire seulement le gras.

Il contient donc des fibres, que l’huile n’a pas. C’est surtout un produit alimentaire, une purée, un peu comme le beurre de cacahuète.

Pour trancher, il n’y a qu’un endroit à regarder, et c’est la liste d’ingrédients :

  • COCOS NUCIFERA OIL, c’est l’huile, figée ou non.
  • COCOS NUCIFERA SEED BUTTER, c’est la pâte de pulpe.

Ce qui compte ici sur ta peau, c’est la partie grasse, et elle reste la même dans les deux cas. Tout ce qu’on vient de voir s’applique donc à l’identique, que ce soit de l’huile ou du beurre.

Les fibres du beurre ne changent rien à l’affaire des pores, elles restent aussi à la surface de la peau. Le mot sur l’étiquette te dit juste dans quel état le produit se trouvait au moment de l’emballage.

Bien la choisir et bien l’utiliser

Deux des questions les plus importantes, une fois que tu en sais un peu plus sur les effets de l’huile de coco.

Vierge, raffinée ou désodorisée ?

Prends de l’huile vierge. Mais ne compte pas là-dessus pour faire des miracles si tu sais ta peau grasse et/ou déshydratée.

Ces trois mots décrivent le même fruit traité différemment :

  • Vierge: l’huile est extraite de la pulpe fraîche, sans chaleur forte. Elle garde son odeur, son goût de coco, et une partie de ce qui accompagne le corps gras dans le fruit.
  • Raffinée: on part de la pulpe séchée, puis on raffine. L’huile ressort neutre, sans odeur, plus stable dans le temps.
  • Désodorisée: ce n’est pas vraiment une troisième option. La désodorisation est une étape du raffinage. Si l’étiquette dit « désodorisée », ça veut dire raffinée.

Grosso modo, une huile vierge est plus intéressante, mais elle reste aussi occlusive qu’une raffinée. Elle ne devient pas compatible avec une peau grasse parce qu’elle est vierge.

À l’achat, les types d’huiles se différencient à l’odorat. Une odeur franche de coco dénote probablement une huile vierge. Aucune odeur, c’est une raffinée.

C’est le même repère que pour le beurre de karité, et pour la même raison : le raffinage travaille d’abord la couleur et l’odeur.

Où l’appliquer, quand, et à quelle fréquence

Sur le visage, deux usages sont vraiment pertinents. Le reste est facultatif.

En démaquillant : C’est là qu’elle est la meilleure. Un corps gras dissout un corps gras, y compris le maquillage qui résiste à l’eau. Une seule règle : qu’ellene reste pas collée. Après application, veille à totalement la nettoyer.

Ciblé, sur les zones sèches, le contour des lèvres, les ailes du nez qui pèlent en hiver, une plaque rêche sur la pommette. Elle sert vraiment tant que tu n’en mets pas sur les zones grasses en T (front, nez, menton).

Quant au masque à l’huile de coco, c’est la même chose en plus épais et plus longtemps. Donc la même règle : bien sur une peau sèche l’hiver, à éviter si tu as des imperfections.

Un détail que je vois rarement écrit : l’huile passe en dernier dans des soins non rincés. Tes produits hydratants d’abord, puis l’huile par-dessus.

Un corps gras ne laisse pas traverser ce qui arrive après lui. Si tu commences par l’huile, tu gaspilles ce que tu poses ensuite.

Pour le moment idéal de la journée, je te recommande le soir. Le matin tu vas poser une crème solaire, peut-être du maquillage, et sortir. Un film gras sous tout ça ne rend service à personne.

Coté fréquence, tous les jours si ta peau est sèche et que tu restes sur une fine couche. Si elle est mixte ou grasse, ce n’est plus une question de fréquence mais d’usage.

Garde-la pour le démaquillage. Sur le visage, l’huile de coco est meilleure quand elle est nettoyée avec le reste.

Dans les cheveux, l’huile de coco entre vraiment !

Oui. C’est là qu’elle devient hyper intéressante, bien plus que sur le visage.

Tu viens de lire pendant tout l’article qu’elle reste en surface. Eh bien sur un cheveu, c’est le contraire ! Et ce n’est pas contradictoire.

Un épiderme et une fibre capillaire n’ont pas la même structure. Ta peau possède une barrière dont le métier est d’empêcher les choses d’entrer. Un cheveu, lui, est construit autrement.

Et l’huile de coco a ce qu’il faut pour y pénétrer. Elle contient en grande partie de l’acide laurique, une molécule courte et rectiligne, assez petite pour se glisser dedans.

Une étude publiée en 2003 dans le Journal of Cosmetic Science l’a montré en comparant plusieurs huiles : la plupart d’entre elles restent dehors, celle du coco entre.

C’est rare, et ça ne se remplace pas par n’importe quelle autre huile. D’où son usage le plus utile sur des cheveux crépus, avant le lavage. Une fibre déjà occupée par l’huile encaisse mieux le passage de l’eau et du shampoing.

En revanche, ici elle entre, mais elle ne scelle pas. Sur un cheveu crépu qui sèche vite, il faut quelque chose par-dessus qui ferme, et le beurre de karité sur les cheveux est justement fait pour ce rôle.

C’est la logique de ma formule capillaire : l’huile de coco en tête de liste parce que c’est elle qui entre, le karité ferme, et le ricin, la candelilla et le crambe apportent l’équilibre.

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L’huile de coco en tête pour ce qu’elle seule sait faire, et une texture qui fond entre les paumes sans laisser les cheveux gras.

L’huile de coco sur le visage, pour toi ou pas ?

Comme je disais, je n’en mets pas dans ma crème visage. Mais ça ne veut pas dire qu’elle n’est pas utile. Tout dépend de toi.

Si tu as une peau sèche, garde-la. En fine couche le soir, posée après tes produits hydratants, c’est une très bonne affaire qui coûte trois fois rien.

Mais si ta peau est mixte à grasse, ne la jette pas non plus. Fais-en autre chose. Elle est excellente pour démaquiller, à condition de repartir entièrement au rinçage.

Je reste un peu plus réservée pour la peau noire ou métissée. Toute imperfection peut entrainer des marques qui restent bien après.

Tout le reste, tu peux oublier, l’indice 4 sur 5, le beurre de coco, l’éclaircissement, quoi qu’on t’ait promis.

Reste donc ma réponse à moi. La seule huile de coco que je laisse approcher un visage toute l’année, c’est celle qu’on a transformée en savon.

En devenant savon, elle change de métier : au lieu de rester sur la peau, elle emmène ce qui s’y trouve et part au rinçage. Dans ma formule, elle arrive en deuxième ligne.

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De l’huile de coco en deuxième position. Transformée en savon, elle nettoie sans assécher la peau.

Ce qu’on me demande le plus souvent sur l’huile de coco

Peut-on utiliser l’huile de coco alimentaire sur le visage ?

Oui, si c’est une huile vierge non raffinée et qu’elle n’a pas servi en cuisine.

L’huile de coco est-elle dangereuse pour la peau ?

Non. Elle n’est ni irritante ni agressive, et les réactions y sont peu courantes. Le mot « danger » qui revient sur ce sujet ne parle pas de toxicité mais de mauvais usage (la poser sur une peau qui n’en avait pas besoin).

L’huile de coco efface-t-elle les rides ?

Non. Elle assouplit et lisse l’aspect de la peau, ce qui rend les ridules de déshydratation moins visibles sur le moment. Rien dans sa composition n’agit sur le collagène ni sur le renouvellement des cellules.

Peut-on mettre de l’huile de coco après un coup de soleil ?

Pas tout de suite. Sur une peau qui vient de brûler, un corps gras retient la chaleur au lieu de la laisser partir. Attends un jour ou deux.

L’huile de coco aide-t-elle contre les vergetures ?

Elle ne les efface pas. Aucune huile ne le fait : une vergeture est une cicatrice installée dans le derme. Ce qu’elle peut faire, c’est assouplir la peau et la rendre plus confortable.

Peut-on la mélanger à du miel ou de l’aloe vera pour un masque visage ?

Oui, et c’est même plus malin que l’huile seule. Le gel d’aloe apporte de l’eau, le miel aide à la retenir.

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