Excès de sébum sur peau noire : ce qu'on sait vraiment et quoi faire
Le sébum fait beaucoup parler de lui. Il dérange notre maquillage, fait briller bizarrement notre teint et laisse au toucher une sensation que peu d’entre nous apprécient.
Alors on lit partout la même explication. Les peaux noires produiraient plus de sébum que les autres, et il faudrait donc les nettoyer fort.
Je suis allée lire les études. Elles sont loin d’être d’accord entre elles.
Ce qui est sûr, en revanche, c’est qu’un excès de sébum sur peau noire ne se traite pas comme sur une autre peau. Non pas à cause du sébum, mais parce que chez nous, une peau qu’on agresse te le fait payer plus longtemps.
Dans cet article, je t’explique d’où vient ce sébum, ce qu’on sait vraiment de nos peaux, et comment en faire ton allié.
Excès de sébum, de quoi parle-t-on ?
Contrairement à ce qu’on pourrait penser avec son aspect gras, le sébum est bon pour notre peau ! C’est un peu comme l’huile naturelle qu’elle produit pour garder son équilibre.
Il est fabriqué par les glandes sébacées, de petites glandes rattachées à chacun de nos poils. Son rôle est de protéger la peau et de la garder souple.
C’est donc une substance dont nous avons besoin, mais en quantité modérée. Quand il y en a trop, on parle d’excès de sébum, ou d’hyperséborrhée. Et là, les ennuis commencent.
- Une peau luisante : le visage brille, surtout sur la zone T (front, nez, menton).
- Des pores bouchés : le sébum en trop les obstrue, d’où les points noirs et les boutons.
- Des imperfections qui s’installent : certaines bactéries raffolent du sébum et y prolifèrent.
- Un maquillage qui ne tient pas : il glisse au fil de la journée.
Les peaux noires produisent-elles vraiment plus de sébum ?
La réponse courte, c’est qu’on n’en est pas sûr.
Nous, Africaines, Antillaises et Polynésiennes, avons une belle peau noire ou métissée, veloutée et naturellement résistante au temps. Malheureusement, on nous répète que ces atouts s’accompagnent d’un inconvénient, une peau qui fabriquerait plus de sébum que les autres.
J’ai cherché d’où venait cette idée. Une étude de 2013 a bien mesuré davantage de sébum sur des peaux noires que sur des peaux blanches. Mais elle portait sur une poignée de femmes par groupe. Une autre, plus ancienne et menée sur plus de 600 personnes, dont une soixantaine à la peau noire, n’a trouvé aucune différence nette.
Autrement dit, la science n’a pas tranché. Les peaux noires grasses existent, comme les peaux blanches grasses. Mais rien ne prouve qu’une peau noire soit grasse par nature.
Je le dis souvent. Peau noire, peau blanche, on rencontre les mêmes problématiques, mais à des degrés différents.
Et surtout, les vraies différences sont ailleurs. Nos peaux semblent contenir moins de céramides, ces lipides qui retiennent l’eau dans la peau. Et elles laissent des taches plus facilement après une irritation.
Ce sont ces deux points, bien plus que la quantité de sébum, qui changent la façon d’en prendre soin.
Pourquoi le sébum envahit-il notre visage ?
Parce que c’est là que les glandes sébacées sont les plus nombreuses, et que nos hormones les commandent.
Le visage arrive en tête, surtout la zone T. Viennent ensuite la poitrine, le haut du dos, les épaules, et même le cuir chevelu. Ce n’est donc pas un hasard si ton front luit avant tes joues.
Deux facteurs sont bien établis.
- Les hormones : les androgènes stimulent les glandes sébacées. Chez la femme, la production de sébum grimpe autour de l’ovulation, d’où une peau plus grasse à certains moments du cycle.
- La chaleur et l’humidité : on produit plus de sébum au printemps ou en été, et sous les climats chauds et humides. Figure-toi qu’un été caniculaire ou un retour au pays suffit à changer ta peau !
On accuse aussi souvent le sucre, les produits laitiers ou le stress. Là, je préfère être honnête. Les preuves sont bien plus minces, et je ne te promettrai pas une peau mate en changeant ton assiette.
Aussi, il y a une part d’unicité, propre à chacun d’entre nous.
Je l’ai compris un jour à la maison, devant le miroir. Mon fils, adolescent et métis, m’a demandé pourquoi il avait encore des boutons alors qu’il venait de se laver le visage. Il se le lavait encore et encore, dès qu’il voyait une brillance.
Je lui ai demandé ce qu’il mettait dessus ensuite. « Rien. »
Je lui ai alors expliqué que ses boutons ne voulaient pas dire que sa peau était sale. À son âge, ce sont les hormones qui font travailler les glandes sébacées.
Nous avons tous les deux une peau mélanée, et pourtant pas du tout les mêmes besoins. On ne range pas toutes les peaux noires dans la même case.
Bref, retiens surtout une chose ; aucun de ces facteurs ne se corrige en nettoyant agressivement ta peau.
Pourquoi décaper coûte plus cher sur une peau noire
Face à un visage qui luit, le réflexe est connu. Un nettoyant qui mousse fort, un gommage à grains ou une lotion à l’alcool, et puis hop. Et ensuite quand la peau crisse, on prend cette sensation pour de la propreté.
Sur le moment, le visage est mat. Mais ta peau vient de perdre bien plus que du sébum. Et sur une peau noire, la facture arrive en deux fois.
1. Une peau qui brille et qui tire
Un soin décapant ne fait pas le tri. Il emporte le sébum en trop, mais aussi les lipides qui retiennent l’eau dans ta peau.
Or c’est justement notre point faible. Je te le disais plus haut, nos peaux semblent contenir moins de céramides que les autres. Elles ont donc moins de réserve pour garder leur eau.
La suite, beaucoup d’entre nous la connaissent : la peau tire après la douche, elle tiraille sous le maquillage, et pourtant elle luit encore dès midi.
Elle est grasse et elle a soif, les deux à la fois. Et c’est là le piège.
Dès qu’on voit la brillance on oublie le manque d’eau, et on décape de nouveau, parfois plus fort !
2. Des taches qui restent des mois
Une peau qu’on décape est une peau qu’on irrite. Et qui dit irritation sur une peau noire dit ? Oui, taches !
Nos peaux sont riches en mélanine, et nos cellules pigmentaires réagissent vite. À la moindre inflammation, un bouton qu’on a percé, une irritation, un frottement répété, elles fabriquent du pigment en trop. Une marque brune s’installe à l’endroit exact où la peau a souffert. Les dermatologues parlent d’hyperpigmentation post-inflammatoire.
Le bouton, lui, part en quelques jours, mais sa tache peut rester entre six mois et un an.
Voilà pourquoi je parle de facture. Sur une peau claire, un nettoyage trop fort laisse surtout des rougeurs qui passent. Sur la nôtre, il laisse des marques qu’on traîne des mois.
Comment réguler l'excès de sébum sur une peau noire ?
Tu l’as compris, on ne fait pas la guerre au sébum. Sur une peau noire grasse, le but est d’en retirer l’excès sans toucher au reste.
Et cela ne concerne pas que les peaux grasses. Quel que soit ton type de peau, le principe reste le même. Même les peaux sèches et mixtes peuvent paraître grasses en surface.
Deux gestes suffisent. Nettoyer en douceur, puis hydrater en matifiant.
Nettoyer sans décaper
Le bon nettoyant enlève le sébum en trop et laisse à notre chère peau ce qui la protège. Tu le reconnais à un signe simple : après le rinçage, ta peau ne tire pas.
Pour les pores bouchés, pas besoin de grains qui frottent. L’acide salicylique fait ce travail sans friction. Il se glisse dans le pore et détache les cellules mortes qui l’encombrent. C’est un gommage chimique, sans friction. Il demande seulement d’y aller progressivement, surtout si ta peau est sensible.
C’est ce que j’ai voulu pour mon gel nettoyant moussant. Une base lavante douce, de l’acide salicylique pour désincruster, puis de la glycérine et du hyaluronate de sodium pour que la peau garde son eau.
Sa mousse laisse une vraie sensation de peau purifiée, sans l’effet « carton » de certains nettoyants. C’est de cette douceur elle a besoin pour se révéler sous son meilleur jour.
Désincruste les pores à l’acide salicylique et nettoie la peau sans la décaper.
Hydrater et matifier sans assécher
Une peau grasse a besoin d’une crème, elle aussi. Sauter cette étape, c’est la priver d’eau.
Encore faut-il choisir la bonne. Beaucoup de crèmes matifiantes jouent la même carte. Elles assèchent la peau pour masquer le sébum.
On peut matifier autrement, et c’est le principe de ma crème matifiante. Des poudres minérales absorbent l’excès de sébum en surface, l’huile d’Abyssinie nourrit sans alourdir, l’allantoïne apaise les tiraillements.
Trois gestes en un seul soin ; hydrater, adoucir et matifier.
Absorbe l’excès de sébum et hydrate dans le même geste. Elle matifie sans dessécher.
Excès de sébum sur peau noire, l'essentiel à retenir
Rien ne prouve que nos peaux fabriquent plus de sébum que les autres. Ce qu’on sait, c’est qu’elles gardent plus longtemps la trace de ce qu’on leur fait subir.
Alors face à un excès de sébum sur peau noire, retiens ceci. Ta peau n’a pas besoin d’être décapée pour être belle ; elle a besoin d’être comprise..
Ton sébum n’est pas un ennemi. Il a seulement besoin d’un petit coup de pouce pour retrouver l’équilibre. Un nettoyant doux, une crème qui matifie sans dessécher, et de la régularité.
C’est comme ça qu’on en fait un allié. Et c’est ce que méritent nos peaux foncées chéries, une peau radieuse, nourrie et protégée.
Pour adopter les deux gestes d’un coup, mon coffret réunit le gel nettoyant, la crème matifiante et un baume pour le corps.
Questions fréquentes sur le sébum des peaux noires
Les peaux noires sont-elles plus grasses que les autres ?
Faut-il hydrater une peau noire grasse ?
Combien de temps durent les taches après un bouton sur peau noire ?
L’acide salicylique convient-il aux peaux noires ?
- Pappas, A., Fantasia, J. et Chen, T. (2013). Age and ethnic variations in sebaceous lipids. Dermato-Endocrinology, 5 (2). Étude menée par des chercheurs de Johnson & Johnson.
- Pochi, P. E. et Strauss, J. S. (1988). Sebaceous gland activity in black skin. Dermatologic Clinics, 6 (3).
- Endly, D. C. et Miller, R. A. (2017). Oily Skin: A Review of Treatment Options. The Journal of Clinical and Aesthetic Dermatology, 10 (8).
- Sangha, A. M. (2021). Dermatological Conditions in Skin of Color. Managing Post-inflammatory Hyperpigmentation in Patients with Acne. The Journal of Clinical and Aesthetic Dermatology, 14 (6 Suppl 1).
- Sangha, A. M. (2023). Dermatological Conditions in Skin of Color. Physiological Nuances in Skin of Color and Their Clinical Implications. The Journal of Clinical and Aesthetic Dermatology, 16 (2 Suppl 1).
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